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La Médiation Canine

Il est temps pour nous de lever le voile sur une collaboration qui sera verra évolutive sur les prochains mois. Ce partenariat avant de simplement lié deux pages, deux blogs ou deux sites est surtout le résultat de 12 ans d’amitié entre deux passionnées d’animaux.

C’est ainsi qu’est né le premier article associatif entre Naoned4Paws, (Responsable également des infographies Bêtes de savoir), tenu par Alysson Couchouron & Ehawee’s Dream

Cet article aborde un sujet complexe que nous avons tenté d’expliquer de façon concise avec toutefois une approche scientifique que nous apporte Alysson.

Ce dernier porte donc sur la Médiation canine.

« L’animal ne se nourrit pas d’attente idéalisées envers les humains, il les accepte pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils devraient être » –
Boris LEVINSON – Pionnier de la Zoothérapie

Introduction


La science a prouvé à de multiples reprises le pouvoir bénéfique des animaux sur l’être humain. A.-J. Vaillant-Ciszewicz et col., ont observé lors d’une étude en 2016, que la présence d’un animal (ici, un chien) permettait une baisse significative de la tension artérielle et du rythme cardiaque.

Cette constatation a été validée par de multiples études effectuées en médiation animale, psychologie et neuropsychologie.

D’autres études ont montré une diminution de l’agitation, de l’agressivité et de l’irritabilité durant le temps de la séance. La présence de l’animal diminue également la sensation d’isolement, augmente l’estime de soi et abaisse de façon significative les taux de stress en diminuant le taux de cortisol dans le sang.

La première utilisation de ces liens affectifs entre l’Homme et l’animal a été reportée pendant la guerre de Crimée (1854-1856), durant laquelle Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, gardait à l’hôpital une tortue. Elle avait observé que celle-ci avait la capacité de réconforter les malades et diminuer leur anxiété. En 1796, c’est William Tuke qui introduit lapins et volailles auprès des patients malade mentaux d’un centre de New York.

Mais ce n’est réellement qu’en 1950, avec les études de Boris Levinson, que la zoothérapie va émerger. Le psychologue de l’Université de Yeshiva aux USA, principal pionnier de la T.F.A (thérapie facilitée par l’animal) démontra le rôle thérapeutique complémentaire de l’animal durant des séances de thérapie. De nos jours, la zoothérapie (ou médiation animale), est utilisé en complément de thérapies dans des domaines très vastes et avec des publics de plus en plus différents. Son application la plus connue est surement son utilisation auprès de patients souffrants de troubles comportementaux (autisme, Trouble de l’apprentissage, Alzheimer) ou moteurs (handicaps physiques, problèmes d’élocutions). Toutefois, son emploi s’étend à tous les secteurs, de la formation en leadership d’entreprise à l’aide à la réinsertion en milieu pénitentiaire.

La médiation canine qu’est ce que c’est ?


La médiation canine consiste à faire intervenir un chien soigneusement sélectionné et entrainé, encadré par un professionnel, auprès d’une ou plusieurs personnes dont les besoins ou pathologies ont été préalablement ciblées afin de susciter des réactions favorisant leur potentiel cognitif, psychologique, physique ou social.

Elle intervient en complément d’une thérapie déjà mise en place.

Les principes de bases de la médiation canine

  • Il s’agit d’apporter quelque chose de positif au patient de ce fait il ne faut jamais placer la personne dans une situation d‘échec
  • Augmenter progressivement la complexité des apprentissages en fonction de la perception et des progrès de la personne
  • Optimiser le développement social, affectif, cognitif, sensoriel et moteur de la personne
  • Il s’agit ainsi de permettre à la personne de vivre une expérience positive et enrichissante en compagnie de ce fidèle compagnon
  • Apporter à la personne une revalorisation d’elle-même, travailler sur l’estime de soi afin de reprendre confiance
  • Encourager et valoriser toute initiative et réalisation

«  L’animal favorise la relation à l’autre. La médiation canine est la recherche des interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle Homme/animal dans le domaine éducatif, social, thérapeutique et de la recherche »
Fondation Adrienne et Pierre SOMMER

Les Plus de la médiation canine


Le contact avec l’animal apaise, met en confiance et créé un contexte favorable à la mise en place de situations participatives.

 Pour toute personne en souffrance, en situation d’isolement ou de retrait dans les relations sociales ou en difficultés psychologiques ; l’animal est un antidote à la solitude, à nos tensions, à nos appréhensions et à notre anxiété.

Il est naturellement ce repère qui rassure car il ne porte aucun jugement.
C’est alors qu’il sécurise, redonne confiance et estime de soi.

Tekoa & Naoki de la Ehawee’s Pack au Noël des Enfants de l’association Ô ma vie

Cette première étape permet ensuite de créer et/ou développer de nouveaux liens, principe de socialisation et d’équilibre de chacun ; quelle que soit la problématique.

Les Objectifs


  • Retrouver une image positive et un sentiment d’utilité
  • Responsabiliser la personne envers le chien
  • Permettre des échanges non verbaux facilement réalisable avec le chien
  • Travailler sur la mémoire en faisant ressurgir des souvenirs affectifs en lien avec des animaux, l’histoire de la personne, les liens mémoire proche/ancienne et ainsi se repérer dans le temps
  • Ouvrir un axe de communication et de construction de discours. En effet, le chien est source d’échange et il peut ainsi servir de base de discussion
  • Comprendre et mémoriser des consignes simples, utiliser les rapports avec le chien comme base d’activité. C’est ainsi que des apprentissages se font par le biais du jeu avec le chien ainsi que l’application de consignes
  • Favoriser un développement psychoaffectif sain et serein avec les enfants et les adolescents. L’animal favorise la maturation psychoaffective de l’adolescent. Il aide aussi l’enfant à mieux se développer moralement et psychiquement en lui donnant plus de stabilité. L’enfant peut ainsi partager peines, joies et secrets avec son compagnon.
  • Rompre l’isolement social
  • Dynamiser et moduler le rythme quotidien
  • Travailler ou maintenir l’autonomie
  • Stimuler par l’animal pour déclencher une réaction afin que l’intervenant puisse entrer en relation avec le patient

« Les animaux font ressortir beaucoup d’émotions enfouies qui ne sont pas disponibles envers la famille et les amis »

Les personnes ciblées


  • Les personnes âgées ou en perte de lucidité

« La présence d’un animal permet de maintenir la personne en contact avec la réalité en améliorant ses capacités d’attention, de mémoire, de concentration et de discernement »

 L’animal constitue pour la personne en perte d’autonomie ou de discernement, une excellente source de volonté pour fournir les efforts nécessaires à l’accomplissement d’activités et d’exercices indispensables au maintien, dans la mesure du possible, des capacités et aptitudes globales.

  • Les enfants, adolescents (Autistes, trisomiques, déficients mentaux)

« Le chien, animal néotenique (Animal qui a conservé des caractéristiques et des émotions juvéniles de leurs ancêtres les loups ex : demande d’attention …) »

Tekoa & Névé de la Ehawee’s Pack au Noël des Enfants de l’association Ô ma vie

«  Certains enfants apparaissent intimidés et résistants face au cadre thérapeutique classique. Le patient invité à répondre de lui-même se retrouve souvent en grande difficulté pour le faire (inhibition, agitation motrice, fuite). La seule présence d’un chien dans la pièce peut diminuer son angoisse tout en facilitant les échanges ce qui représente un support vivant et réconfortant sur lequel l’enfant peut d’appuyer » – Perrine MARSEILLE – La médiation canine : un support de création thérapeutique

Là ou parfois l’Homme échoue l’animal réussit

Effets biologiques et comportementales


  • Mais concrètement, comment la présence de l’animal va-t-elle agir sur la biologie et la psychologie du patient ?

On a parlé précédemment de la diminution du stress grâce à la baisse du taux de cortisol dans le sang, ce qui va entrainer une baisse de votre tension artérielle et rythme cardiaque.

  • Mais qu’en est-il des autres effets ?

Rappelons ici que l’animal sert de relais et non de traitement. « Comme le chien d’avalanche, le chien policier ou le chien de traineau, le chien de thérapie pallie ici les limites (physiques, sensorielles et/ou psychologiques) de l’humain. Il prolonge, fortifie, amplifie l’action du thérapeute. » (La médiation : Théorie et terrains, Christine Servais). Il créer un espace sécuritaire d’échange entre le patient et le soignant. Les effets sont tellement vastes et propre à chaque technique et contexte qu’il serait difficile de tout référencer, nous avons fait le choix ici de vous résumer deux études comparatives : une auprès de patients atteints de la maladie d’Alzheimer, l’autre auprès d’enfants atteints de troubles autistique. Ces exemples permettront à chacun de mieux appréhender la question de la médiation animale et de ces apports bénéfiques au sein de l’approche thérapeutique.

1-    Évaluation de l’effet thérapeutique de la médiation animale dans la maladie d’Alzheimer, C. Quibel et collaborateurs.

Des séances de médiation animale sont mises en place au sein d’une unité protégée accueillant des patients atteints d’un syndrome démentiel. L’objectif est de mesurer les effets de la médiation animale sur les troubles du comportement dans la vie quotidienne et la prise en soin. Cette étude prend place dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Quibel, C., Bonin, M., Bonnet, M., Gaimard, M., Mourey, F., Moesch, I., & Ancet, P. (2017). Évaluation de l’effet thérapeutique de la médiation animale dans la maladie d’Alzheimer. Soins Gérontologie22(125), 35-38.

Occupational Therapy Incorporating Animals for Children With Autism: A Pilot Investigation, Mona J. Sams and al.

Sams, M. J., Fortney, E. V., & Willenbring, S. (2006). Occupational therapy incorporating animals for children with autism: A pilot investigation. American Journal of Occupational Therapy60(3), 268-274.

Article rédigé en partenariat avec Naoned4Paws

Mais qui se cache derrière Naoned4Paws ?

Alysson Couchouron
Apprentie éthologiste
Amoureuse de na nature
Rédactrice du blog Naoned4Paws
Rédactrice de Bêtes de savoir
Licence en neurosciences à Marseille
M1 comportement animal – Rennes
9 mois d’assistance sur le terrain – Afrique du Sud

 

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